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511 milliards de barils sous l’Antarctique ? Ces nouvelles données alimentent toutes les spéculations

511 milliards de barils de pétrole sous les glaces de l’Antarctique : de quoi presque doubler les réserves connues de l’Arabie saoudite. Des navires russes cartographient les fonds marins d’une zone revendiquée par Londres. Recherche scientifique ou prospection déguisée ? Le débat s’invite au Parlement britannique.

Des navires de recherche russes envoient des ondes sonores vers le plancher océanique de la mer de Weddell, une étendue reculée au large de l’Antarctique revendiquée par le Royaume-Uni. Les relevés sismiques recueillis pointent vers une estimation de 511 milliards de barils de pétrole, un volume qui doublerait presque les réserves connues de l’Arabie saoudite. Transmis en début d’année à une commission de la Chambre des communes britannique, ce chiffre a ravivé une question longtemps restée en sommeil.

Une zone disputée, un acteur sans revendication

La situation est complexe. La Russie ne détient aucune revendication territoriale en Antarctique, tandis que l’Argentine et le Chili contestent celle du Royaume-Uni sur la mer de Weddell. Pourtant, les navires russes poursuivent leurs relevés, et les parlementaires britanniques posent désormais une question simple : s’agit-il de recherche, ou de prospection sous pavillon scientifique ?

La réponse touche au cœur du traité sur l’Antarctique. Signé en 1959, ce pacte consacre le continent à la paix et à la science. Son protocole environnemental de 1991 durcit encore la règle : toute activité liée aux ressources minérales sans lien avec la recherche scientifique est formellement interdite. La Russie est signataire des deux accords.

Une frontière ténue entre science et prospection

Le navire Alexander Karpinsky, exploité par la société russe d’exploration minière Rosgeo, a mené ces relevés lors de la 65eexpédition antarctique russe. Dans un témoignage écrit devant la commission, Klaus Dodds, professeur de géopolitique à Royal Holloway (université de Londres), a estimé que ces travaux pourraient être interprétés comme de la prospection plutôt que comme une recherche authentique, et constituer un possible préalable à une future extraction.

La difficulté tient à la technique elle-même. Les relevés sismiques cartographient les couches rocheuses sous le fond marin à l’aide d’impulsions sonores, et l’équipement est quasi identique, que l’objectif soit géologique ou pétrolier. Ce recouvrement rend l’intention difficile à établir et la confiance fragile. Le traité prévoit toutefois un outil de vérification : son article VII autorise tout État membre à inspecter les stations et équipements d’un autre pays. Aucun gouvernement n’a publiquement usé de ce pouvoir face à ces relevés, mais l’option reste disponible.

En Antarctique, les relevés sismiques recueillis ont permis d’estimer les réserves à 511 milliards de barils de pétrole, un volume qui doublerait presque celui connues de l’Arabie saoudite. © Quantic69, iStock

Assurances de Moscou, prudence de Londres

Devant la commission, David Rutley, alors ministre au Foreign Office, a indiqué que la Russie avait récemment réaffirmé son engagement envers les éléments centraux du traité. Moscou a donné à plusieurs reprises l’assurance que ses relevés poursuivaient des fins purement scientifiques. Le ministre a néanmoins insisté sur la nécessité de tenir la Russie pour responsable de ses actes.

Le Foreign Office a par ailleurs précisé que la Russie a répété devant la réunion consultative du traité sur l’Antarctique que ses activités étaient scientifiques. À ce jour, aucune partie au traité n’a formellement accusé Moscou d’enfreindre l’interdiction minière.

Des mises en garde plus alarmantes

La commission a toutefois entendu des avertissements plus vifs. Klaus Dodds a déclaré aux parlementaires que la dégradation des relations entre la Russie et les pays occidentaux depuis son invasion à grande échelle de l’Ukraine pourrait attiser une compétition stratégique bien plus explicite en Antarctique.

https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/antarctique-511-milliards-barils-sous-antarctique-ces-nouvelles-donnees-alimentent-toutes-speculations-k2m6-136391

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