Futura-sciences – Voici pourquoi les peuples de navigateurs n’ont pas exploré l’Antarctique avant les Européens
Les peuples indigènes qui occupaient l’hémisphère Sud avant l’arrivée des Européens ne se seraient pas aventurés encore plus au Sud, dans l’océan Austral. Mais pourquoi cette résistance ? Les archéologues cherchent une réponse et pensent avoir quelques indices.
De l’archipel de la Terre de Feu, entre Argentine et Chili, jusqu’à la Nouvelle-Zélande et les îles alentours, tous ces territoires ont été peuplés par des humains, bien avant que les navigateurs européens ne les découvrent à partir du XVIIIe siècle.
Et pourtant, même si les peuples locaux avaient des techniques de navigation avancées, ils ne se seraient jamais aventurés dans l’océan Austral, qui s’étend au large de l’Antarctique. Une étude publiée récemment dans la revue Journal of Island and Coastal Archeology s’interroge sur cette question. Y a-t-il eu des tentatives de la part de ces habitants de descendre en dessous du 50e parallèle sud ?
Des territoires longtemps inexplorés
Ces territoires proches de l’Antarctique rassemblent une partie des Terres australes et antarctiques françaises, notamment les îles Kerguelen, mais aussi l’archipel des Shetland du Sud à la limite de l’Antarctique près de l’Amérique du Sud, sans oublier les îles Auckland, côté Nouvelle-Zélande.

Longtemps recherché, l’Antarctique n’a été officiellement découvert qu’au XIXe siècle. © Goinyk, Adobe Stock
Lorsque les explorateurs européens ont posé le pied sur ces terres, ils les ont trouvées inhabitées, et en ont rapidement conclu qu’ils en étaient les découvreurs, ce qui explique dans de nombreux exemples les noms très caractéristiques de ces territoires.
Pourtant, certains représentants des îles Falkland et de Nouvelle-Zélande ont supposé que des peuples indigènes les avaient explorés bien avant, alors comment trancher ? L’étude, signée par des chercheurs américains et australiens s’est intéressée aux traces archéologiques que l’on pouvait retrouver sur place, estimant que les Maoris, notamment, auraient pu en effet s’aventurer sur ces îles. D’autant plus qu’ils avaient déjà investi l’île Enderby, juste au nord des îles Auckland, dès le XVIe siècle, alors pourquoi ne pas aller plus loin ?
Des voyages trop dangereux pour les peuples de l’époque
D’après les chercheurs, aucun signe de présence humaine ne s’y trouve pourtant. Ce qui pourrait être dû au climat extrêmement hostile déjà présent sur Enderby, qui aurait poussé les explorateurs à ne pas aller plus loin. Sur place, la température est de 8 degrés en moyenne, avec 300 jours de pluie par an et à peine 1 000 heures de jour dans l’année ! Pire : les îles plus au Sud ne disposent pas de bois, ce qui ne rend pas la destination très attirante, sachant qu’il n’y aura pas de quoi réparer les navires.
Il en est de même pour les alentours de l’Antarctique du côté du continent américain. Des traces humaines ont été retrouvées sur les îles Falkland, les îles Sandwich du Sud, ou encore les îles Orcades du Sud, mais toutes datent du XIXe siècle, lorsque les Européens avaient déjà été en contact avec les peuples indigènes.
Le 50e parallèle sud ne couvre la zone qu’à partir de l’océan juste au-dessus de l’Antarctique. © Tnmonde
Dans les deux cas de figure, il semblerait que les techniques de navigation de l’époque n’étaient pas assez sûres pour que les populations aient entrepris ces dangereux voyages. Alors que les conditions de vie étaient extrêmement difficiles, un tel parcours sans pouvoir transporter de vivres en quantité suffisante semblait trop incertain.
Cela ne veut pas dire que les peuples d’alors manquaient de curiosité, ou d’esprit d’aventure, mais simplement qu’ils n’avaient pas la technologie nécessaire pour s’embarquer dans de tels projets. Les embarcations n’étaient pas assez grandes pour un voyage rempli d’incertitudes sur sa destination et sur le temps passé à naviguer. Il a donc fallu attendre le XVIIIe, voire le XIXe siècle, pour que des expéditions menées par les navigateurs européens soient organisées. Et même là, tout ce pan de l’histoire des découvertes de notre Planète ne s’est pas déroulé sans difficultés.

Voici pourquoi les peuples de navigateurs n’ont pas exploré l’Antarctique avant les Européens



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