Sous la glace de l’Antarctique, un robot sous-marin filme pour la première fois une colonie de 1 036 nids de poissons

Personne n’avait encore observé des nids de poissons en Antarctique arrangés de cette façon. Un iceberg parti à la dérive a ouvert l’accès à un fond marin resté scellé depuis des siècles. Les images rapportées par le robot posent une énigme aux biologistes marins.

Un millier de nids de poissons en Antarctique dorment par 300 mètres de fond, à l’abri des regards depuis des siècles. Un robot sous-marin vient d’en rapporter les images. Mais reprenons : en 2017, un iceberg géant s’est détaché de la barrière de glace Larsen C. Sa dérive a libéré un plancher océanique jusque-là inaccessible. Selon une étude publiée dans Frontiers in Marine Science le 29 octobre 2025, des chercheurs de l’University of Essex y ont repéré une immense zone de nidification. Ainsi, un poisson antarctique y élève sa descendance en groupes organisés.

Un iceberg géant a mis au jour ces nids de poissons en Antarctique

Le robot sous-marin Lassie a plongé cinq fois en janvier 2019, depuis le navire SA Agulhas II. Ces plongées ont produit 27 heures de vidéo au large de la péninsule Antarctique. Les scientifiques y ont dénombré 1 036 nids encore entretenus, répartis en 277 groupes. Ils reposent entre 290 et 411 mètres de profondeur. De plus, 72 cuvettes abritaient des larves au passage de la caméra.

Un seul poisson occupe ces creux, Lindbergichthys nudifrons, qui dépasse rarement 19,5 centimètres. Le mâle garde la ponte et chasse les prédateurs d’œufs. Chaque cuvette mesure environ 12 centimètres de diamètre. En effet, les adultes nettoient sans relâche les débris de plancton qui tapissent le reste du fond. Cet entretien permet de repérer les nids actifs.

Six figures géométriques structurent ce fond marin

L’organisation des cuvettes a surpris l’équipe. Les chercheurs ont classé les nids en six formes distinctes. L’amas domine largement avec 42 % du total, devant le nid isolé et le U aux branches nettes. L’ovale, le croissant et la ligne complètent la liste. Cependant, la ligne reste très rare, avec moins de 4 % des cas.

La température n’explique pas ces regroupements. Les mesures près des nids ne diffèrent pas de celles des eaux alentour, sauf sur un site. Or, une immense colonie découverte en 2022 dans la même mer occupait une eau plus chaude de 2 degrés. Dès lors, un autre facteur guiderait ici le choix des emplacements.

https://www.science-et-vie.com/nature-et-environnement/animaux/sous-la-glace-de-lantarctique-un-robot-sous-marin-filme-pour-la-premiere-fois-une-colonie-de-1-036-nids-de-poissons-253056.html

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