La Table Ronde du 30 avril sur la vie en Antarctique a été un moment fort de “Sentinelles de l’extrême”. Trois scientifiques nous ont conté leurs aventures dans ces territoires isolés. Des aventures bien différentes les unes des autres, en termes de recherche comme d’un point de vue géographique.  Célia Sapart, climatologue et glaciologue à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), a passé deux mois sur un Brise-Glace américain en mer de Ross, en plein hiver austral, dans la nuit polaire continue, par -50°. Elle mesurait les gaz à effet de serre émanant de la banquise. Nicolas Bergeot, géophysicien de l’Observatoire Royal de Belgique, s’est rendu à cinq reprises sur la Station Princesse Elisabeth, pour étudier, notamment, les mouvements des glaciers et de la croûte terrestre via le GNSS (forme sophistiquée de GPS). Didier Schmitt, spécialiste en immunologie, médecin, travaille au Service d’Action Extérieure de l’Union européenne dans le domaine spatial. Il a séjourné sur la Base française de Dumont-Durville, en Terre Adélie, avant d’effectuer, seul à bord d’un engin de 22 tonnes, un raid de 1200 km sur la glace, pour aller ravitailler la Station franco-italienne Concordia, loin à l’intérieur du Continent.

Leurs présentations ont captivé le public, et donné lieu à de nombreuses questions. J’avais voulu créer, avec cette Table Ronde, un évènement très interactif, j’ai été servie!

Je vous livre quelques extraits du débat, qui s’est prolongé plus tard que prévu.

Nos scientifiques ont réagi posément à l’argument climato-sceptique avancé par quelqu’un dans la salle, en soulignant l’importance d’appréhender cette problématique complexe globalement, à l’échelle de la Planète toute entière, et non par le petit bout de la lorgnette. Ainsi, en Antarctique, certaines régions se réchauffent visiblement, contrairement à d’autres, qui auraient même parfois tendance à se refroidir. Ce n’est pas étonnant, s’agissant d’un continent recouvert d’une gigantesque couche de glace, qui mettra du temps à subir dans sa totalité les effets du changement climatique. Il n’empêche que le réchauffement global est indéniable, et qu’il est le fait de l’homme. Des experts du monde entier, relevant de diverses disciplines, s’accordent sur ce point, dans le cadre du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC). Les scientifiques remettant en cause ces conclusions sont très peu nombreux.

Et le tourisme en Antarctique, que faut-il en penser? Didier estime qu’il est à éviter pour préserver cet environnement unique, Célia et Nicolas appellent de leurs vœux un tourisme intelligent, diamétralement opposé au tourisme de masse.  Personnellement, je pourrais être qualifiée de touriste. Cependant, j’ai à cœur de me faire l’ambassadrice de ces contrées méconnues, par mes actions de communication, dont, précisément, la présente exposition et la Conférence du 30 avril.

En rentrant chez moi, je me sentais remplie de joie. Car ce qui s’est passé ce soir-là, c’est la rencontre entre des mondes qui ne se connaissent pas tant que cela: le monde scientifique, mes collègues des Institutions européennes, et des citoyens vraiment intéressés. Ce sont précisément de telles passerelles que je m’attache à créer, autour de l’Antarctique. C’est là mon cheval de bataille. Et au vu de tous les retours positifs que je reçois, on a bien besoin de ces passerelles entre les mondes. Des passerelles qui se construisent aussi à partir du Site “Antarctic Stories” et de son blog. Je vous invite à l’alimenter de vos commentaires, en poursuivant les débats entamés. Chacun peut apporter sa pierre à l’édifice.

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