, ,

La crotte de manchot peut-elle sauver le climat de l’Antarctique ? “Écouter cet article”

Une étude scientifique publiée jeudi 22 mai révèle que le gaz émis par les fientes d’oiseaux marins participe à la formation de nuages au niveau de la péninsule. Un phénomène au pouvoir potentiellement rafraîchissant.

Les manchots gentoo, sur l'île Wiencke dans l'Antarctique, en novembre 2024.
Les manchots gentoo, sur l’île Wiencke dans l’Antarctique, en novembre 2024. (Martin Zwick/Biosphoto.AFP)

Depuis l’espace, l’immensité blanche du continent Antarctique se constelle parfois de minuscules points noirs : le guano de manchots. Ces précieux indices, repérés grâce aux images satellite, permettent aux scientifiques de suivre, voire de découvrir, des colonies composées de milliers de ces oiseaux marins emblématiques du pôle Sud. D’après une nouvelle étude publiée ce jeudi 22 mai dans la revue Nature Communications Earth and Environment, les fientes de manchots sont loin d’avoir dévoilé tous leurs secrets. Ces dernières pourraient permettre de limiter, dans une certaine mesure, le réchauffement climatique de la région.

Le phénomène, d’apparence incongrue, s’explique par les gaz s’échappant des déjections des animaux. Entre janvier et mars 2023, le doctorant américain Matthew Boyer et ses collègues de l’Institut de recherche sur l’atmosphère et le système terrestre de l’Université d’Helsinki (Finlande), en partenariat avec les instituts météorologiques finlandais et argentins, ont en effet mesuré la concentration d’ammoniac dans l’air sur un site proche de la base scientifique de Marambio à l’extrémité de la péninsule Antarctique.

Formation d’aérosols

Grâce à un instrument de mesure spécialement conçu pour résister aux conditions à la fois extrêmes et très spécifiques du milieu, les scientifiques se sont rendu compte que lorsque le vent soufflait en direction d’une colonie de 60 000 manchots Adélie située à environ 8 kilomètres, la concentration de ce gaz incolore et irritant augmentait drastiquement (jusqu’à 13,5 parties par milliard), pour atteindre plus de 1 000 fois la valeur de référence dans l’air.

https://www.liberation.fr/environnement/biodiversite/la-crotte-de-manchot-peut-elle-sauver-le-climat-de-lantarctique-20250522_SZMXCHARDZHOXJQ3VPSHQGWMKQ/

0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *