La mythique épave de Shackleton est menacée par le dérèglement climatique
Gisant à 3 000 mètres de profondeur en Antarctique en mer de Weddell, l’épave de l’Endurance, goélette à trois mâts d’Ernest Shackleton en expédition dans le pôle Sud au début du XXe siècle, pourrait être largement fragilisée à cause du dérèglement climatique. Dans le viseur des scientifiques : l’épave serait confrontée à de nouvelles espèces acclimatées aux eaux plus chaudes et qui se nourrissent de bois.
La goélette à trois mâts avait sombré en novembre 1915 après avoir été immobilisée dans la glace pendant 11 mois | ROYAL GEOGRAPHICAL SOCIETY
L’épave se trouve dans la « zone de minuit » (ou zone bathypélagique), appelée ainsi car la lumière n’y pénètre pas. Elle n’avait été retrouvée qu’en 2022 dans un excellent état de conservation, presque « aussi intacte que le jour où elle a coulé. L’Antarctique est l’un des rares endroits au monde où une épave peut subsister sans que le bois ne subisse de dommages », explique le Dr Huw Griffiths, biogéographe marin au British Antarctic Survey au journal britannique The Guardian. En attaquant le bois, ces nouvelles espèces fragilisent l’épave, ce qui pourrait, à terme, signer la disparition de ce précieux patrimoine.
La fonte rapide des glaces rend l’accès cette dernière plus facile, ce qui est aussi une menace pour l’Endurance : des navires pourraient introduire à leur insu de nouvelles espèces envahissantes également susceptibles d’abîmer les lieux. Pour la sauvegarder, l’UK Antarctic Heritage Trust (UKAHT) propose que l’Endurance et ses alentours fassent partie de la toute première aire sous-marine
protégée dans la région. L’épave est déjà reconnue comme monument historique par le Traité sur l’Antarctique. Le bâtiment est un témoignage important de la course à la conquête du continent blanc et de ses expéditions.
Une épave et un destin qui ont marqué l’Histoire
Cette goélette à trois mâts avait sombré en novembre 1915 après avoir été immobilisée dans la glace pendant 11 mois, lors d’un voyage en Antarctique mené par l’explorateur irlandais Ernest Shackleton. Une trop forte pression de la glace sur la coque avait eu raison du navire. À l’époque, celui-ci était pourtant connu pour être l’un des plus solides jamais construits. Le capitaine constatait cependant déjà des faiblesses sur l’Endurance avant son départ vers le pôle Sud, selon le chercheur finlandais Jukka Tuhkuri qui a analysé les correspondances entre Ernest Shackleton et sa femme.
Outre l’excellent état de conservation de l’épave aujourd’hui, l’expédition a marqué l’Histoire grâce à l’impressionnante résilience de son équipage. Ce dernier avait survécu après le naufrage et dans d’extrêmes conditions polaires jusqu’en août 1916 – soit 10 mois dans le grand froid de l’Antarctique.




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