, ,

Les scientifiques découvrent un secret bien gardé dans la boue de l’Antarctique, 500 m sous la surface

En Antarctique, des chercheurs prélèvent des carottes de boue au fond de l’océan pour reconstituer la vie marine passée et mesurer l’impact des activités humaines sur celui-ci. Cette mission pourrait prouver que les baleines, entre autres, jouent un rôle plus important qu’imaginé contre le réchauffement climatique.

Entre les glaciers et les icebergs de la péninsule Antarctique, une équipe internationale de chercheurs explore activement les fonds marins dans l’espoir de percer les secrets du vaste océan Austral. Leur mission est de prélever de la boue sédimentaire, conservatrice de siècles d’histoire marine et humaine.

“C’est comme lire un livre d’histoire. Chaque couche raconte ce qui vivait ici, ce qui vit encore, et l’empreinte que nous, les humains, avons laissée”, explique la chercheuse Elisenda Balleste, de l’Université de Barcelone, à la BBC, mardi 19 août.

Pour obtenir ces sédiments, les scientifiques ont utilisé un carottier, un appareil comparé à un immense vide-pomme, capable de forer jusqu’à 500 mètres sous la surface de l’eau. Plus de quarante tubes métalliques ont été extraits autour de la péninsule, une zone autrefois riche en baleines et en poissons, décimée par le passage de la chasse industrielle. Elle est aujourd’hui protégée et surveillée.

Un rôle dans la régulation du climat

Une fois remontées sur le navire, les carottes sont immédiatement congelées pour préserver intégralement leur contenu biologique. “Nous les conservons à moins 80 degrés pour que tout reste intact”, précise Elisenda Balleste. Elles seront ensuite découpées et réparties entre plusieurs institutions scientifiques internationales. Les chercheurs y examineront les micro-organismes présents, mesureront les niveaux de pollution, reconstitueront les populations passées de la faune marine et estimeront la quantité de carbone enfouie, afin de mieux comprendre les interactions complexes entre océan et climat, mais aussi leurs évolutions.

L’importance de l’analyse de l’ADN environnental

Une des techniques les plus fascinantes est l’analyse de l’ADN environnemental. Même de petits fragments de boue peuvent révéler les traces génétiques des baleines et autres animaux marins, y compris ceux disparus après près d’un siècle de chasse intensive.

Les scientifiques espèrent ainsi comprendre comment la disparition de centaines de milliers de baleines, dont les carcasses gisant au fond de l’eau continuent de stocker du CO2 après leur mort, a modifié tout un écosystème et le stockage du carbone dans l’océan.

Les scientifiques découvrent un secret bien gardé dans la boue de l’Antarctique, 500 m sous la surface – Geo.fr

0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *