« La prochaine glaciation avait bien commencé » : une découverte révèle pourquoi tout s’est arrêté
Et si la prochaine glaciation avait déjà commencé, avant que tout ne bascule ? En étudiant les vestiges d’une immense calotte glaciaire au Canada, des scientifiques ont découvert un retournement inattendu qui pourrait bouleverser notre compréhension de l’évolution du climat terrestre.
Depuis plusieurs millions d’années, le climat terrestre est marqué par une alternance de périodes glaciaires et interglaciaires, dont le rythme dépend notamment des variations de l’orbite et de l’inclinaison de la Terre. La dernière période glaciaire s’est terminée il y a environ 11 700 ans, et nous sommes donc actuellement dans une période interglaciaire, appelée Holocène.
Ces fluctuations s’inscrivent elles-mêmes dans une histoire climatique beaucoup plus longue : nous sommes actuellement dans une ère glaciaire, caractérisée par la présence de grandes calottes de glace aux pôles, et qui a débuté il y a environ 34 millions d’années avec le développement de la calotte antarctique.
Les variations des différents paramètres orbitaux (précession, obliquité, excentricité, forçage solaire) permettent d’expliquer les cycles glaciaires sur les derniers millions d’années. Ce sont les cycles de Milankovitch. Nous sommes ainsi actuellement dans une période interglaciaire (climat doux), au sein d’une ère glaciaire de plus grande longueur d’onde. © Robert A. Rohde, Global Warming Art project, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Une dynamique des calottes glaciaires contrôlée par les paramètres orbitaux… jusqu’à présent
Les cycles glaciaires-interglaciaires sont notamment marqués par des fluctuations du volume de ces calottes glaciaires. L’étude de ces fluctuations peut ainsi aider à dater les différentes étapes de ces cycles climatiques. Mais cette dynamique naturelle pourrait aujourd’hui être contrariée par les activités humaines, comme le suggère une étude qui vient de paraître dans la revue Science.
Une équipe de chercheurs s’est intéressée aux dernières fluctuations de la plus vaste calotte glaciaire du Pléistocène, la calotte laurentide. Durant la dernière période glaciaire, celle-ci recouvrait une bonne partie du continent nord-américain, avant de progressivement se retirer avec le réchauffement naturel associé à l’actuelle période interglaciaire. Son dernier vestige subsiste aujourd’hui sous la forme de la calotte de Barnes, au centre de l’île de Baffin, au Canada. Les chercheurs montrent que cette calotte a atteint sa taille minimale il y a environ 3 600 ans, avant de recommencer à s’étendre il y a environ 2 000 ans.
Pour les auteurs de l’étude, cette inversion de dynamique pourrait ainsi indiquer l’initiation d’une nouvelle période glaciaire, sous l’effet des paramètres orbitaux de la Terre. « Le refroidissement aurait mis des milliers d’années à devenir perceptible, et environ 30 000 ans auraient été nécessaires pour que la calotte glaciaire laurentide retrouve son étendue massive à l’échelle du continent. Mais la prochaine glaciation avait bien commencé », explique Nicolás Young, auteur principal de l’étude.
Le réchauffement climatique aurait enrayé le début d’une nouvelle période glaciaire
Sauf que c’était sans compter sur les activités humaines. Les scientifiques ont en effet remarqué que si la calotte a bien continué de croître pendant 2 000 ans, cette dynamique a été stoppée nette il y a quelques décennies.




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